Pour qui n’a pas encore éprouvé la résonance tout à la fois chaude et métallique des sculptures de Lamia Meksi, il est toujours temps de se rendre à la Galerie Nadar où l’exposition a été prolongée jusqu’au 10 mars. L’aluminium, l’inox et le cuivre y comptent des histoires dans une musicalité du temps et de la matière.

En entrant dans la Galerie Nadar, on est happé par une ambiance aux éclats argentés cuivrés que les nuances de lumière moutonnent, sur fond insinué d’une musicalité où un certain lyrisme est ébranlé de tintements glacés. Autre paradoxe des œuvres exposées, celui de la sobriété ou de la géométrie des lignes, mises en scène avec le faste et la brillance des surfaces métalliques modulées, gravées ou structurées. La froideur de l’aluminium ou de l’inox fait ressortir la chaleur ténue du cuivre. La magie du métal travaillé tient justement à cet équilibre entre froid et chaud : ainsi, la teinte argent des premiers matériaux n’est froide qu’aux premières impressions, mais se ravive et scintille dès lors que les œuvres affirment leur spécificité et entament leur récit, mettant en relief la beauté de la lueur lunaire, la brillance de l’effet miroir. Tandis que la teinte cuivrée devient plus douce et feutrée à mesure qu’elle captive le regard, et même, à certains accents de la lumière, émet quelques reflets ambrés.

Pans d’inox et cœur cuivré

Arrêt d’abord devant un tableau où des pans d’inox relevés s’ouvrent sur un espace cuivré aux légères empreintes : fenêtre ouverte sur le temps fugitif du passé ou à venir ou rideaux de scène s’ouvrant sur le théâtre du monde.